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Comment fonctionne le dédouanement aux États-Unis pour les entreprises étrangères

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Si votre entreprise, en France, en Belgique, en Suisse ou en Afrique francophone, vend à des acheteurs américains, sur Amazon ou à ses propres clients aux États-Unis, chaque envoi commercial passe par la douane américaine. Ce guide explique, étape par étape, comment fonctionne le dédouanement aux États-Unis, de l’importateur officiel et de la caution jusqu’à la mainlevée, au paiement des droits et à la liquidation, avec les documents nécessaires à chaque stade.

Comment fonctionne le dédouanement aux États-Unis : le processus en un coup d’œil

Le dédouanement aux États-Unis est la procédure qui permet à des marchandises importées de quitter le port ou l’aéroport et d’entrer dans le commerce américain. La douane américaine, le service des douanes et de la protection des frontières (CBP), vérifie qui importe, ce que sont les marchandises, où elles ont été fabriquées, ce qu’elles valent et si une autre agence doit les autoriser. Les droits sont calculés à partir de ces informations.

Dans la plupart des cas, la déclaration en douane est déposée par voie électronique par un commissionnaire en douane agréé aux États-Unis, pour le compte de l’importateur officiel. Votre rôle d’exportateur ou de marque est de garantir l’exactitude des informations de cette déclaration : les parties, la description du produit, la valeur, l’origine et les données destinées aux autres agences. La plupart des retards viennent d’informations manquantes ou incohérentes, pas de la déclaration elle-même.

Diagramme 1 Les principales étapes d’une importation aux États-Unis
  1. Avant la réservation Désigner l’importateur Importateur officiel, numéro d’importateur et caution douanière
  2. 24 heures avant le chargement Déposer l’ISF Données de sûreté pour le fret maritime
  3. Sous 15 jours après l’arrivée Déposer la déclaration Déclaration et données des agences, de préférence avant l’arrivée
  4. À l’arrivée Examen et mainlevée La CBP et les agences partenaires examinent, contrôlent si besoin, puis libèrent la marchandise
  5. Sous 10 jours ouvrables Déclaration récapitulative et droits Classement, valeur, origine, droits et frais
  6. En général sous un an Liquidation La CBP arrête définitivement la déclaration

Les sections suivantes reprennent cet ordre. Côté français, la marchandise doit aussi être déclarée à l’export dans DELTA IE (volet Export), le système de la douane française en production depuis le 4 novembre 2025, par un opérateur disposant d’un numéro EORI. Si vous n’avez pas encore décidé qui paie quoi selon vos conditions de vente, lisez d’abord EXW, FOB, DAP ou DDP : les Incoterms pour expédier aux États-Unis, car l’Incoterm détermine souvent qui sera l’importateur.

Étape 1 : décider qui sera l’importateur officiel

L’importateur officiel (importer of record, IOR) est la partie juridiquement responsable de la déclaration : classement, valeur et origine exacts, paiement des droits et des frais, et respect des règles des autres agences. Chaque déclaration, formelle ou simplifiée, en désigne un. Il peut s’agir de l’acheteur américain, du vendeur étranger ou d’une autre partie éligible, mais il doit être désigné avant l’expédition.

L’importateur officiel non résident

Une société étrangère sans entité aux États-Unis peut généralement être son propre importateur officiel. Selon le 19 CFR 141.18, une société non résidente ne peut déclarer des marchandises pour la mise à la consommation que si elle :

  • dispose d’un agent résident dans l’État où se trouve le port d’entrée, habilité à recevoir les actes de procédure visant la société, et
  • dépose une caution douanière auprès d’une société de caution résidente, pour garantir le paiement de tout complément de droits.

Le numéro d’importateur et le formulaire CBP 5106

L’importateur officiel a aussi besoin d’un numéro d’importateur dans les systèmes de la CBP. Une société américaine utilise normalement son numéro d’identification fiscale (EIN). Une entreprise étrangère qui n’en a pas, comme une société française identifiée par son SIREN, peut demander un numéro attribué par la CBP au moyen du formulaire CBP 5106 (Create/Update Importer Identity Form), qui enregistre le nom de la société, ses adresses et d’autres informations d’identité. Le formulaire est généralement transmis par le commissionnaire en douane, mais l’importateur reste responsable de l’exactitude de son contenu.

Depuis le 18 septembre 2026, la CBP annule un numéro d’importateur lorsque les informations du formulaire 5106 se révèlent inexactes ou incomplètes, et un numéro annulé ne peut plus servir à déclarer des marchandises. L’adresse doit être le lieu physique réel de l’entreprise, par exemple votre site en France, et non celle d’un agent enregistré, d’un commissionnaire en douane, d’un transitaire, d’une boîte postale ou d’un centre d’affaires. Le mandat (power of attorney) du commissionnaire doit être signé directement avec l’importateur officiel (avis de la CBP du 19 août 2026).

D’autres changements se préparent pour les importateurs étrangers. Le décret présidentiel 14411 du 3 juin 2026 demande à la CBP d’interdire aux importateurs officiels étrangers les déclarations simplifiées, de les empêcher de s’appuyer sur une caution continue pour les déclarations formelles, et d’exiger une validation CTPAT (s’ils sont éligibles) ou le recours à un commissionnaire validé CTPAT. Ces changements sont prévus mais ne sont pas encore en vigueur en octobre 2026 : vérifiez les règles applicables avant votre premier envoi.

Si vos marchandises sont vendues en DDP à un client américain, c’est généralement vous l’importateur. Si elles sont vendues en FOB ou en EXW, c’est généralement l’acheteur. Vendre sur Amazon sans société américaine est un cas fréquent où le vendeur étranger doit trouver son propre importateur ; notre guide sur vendre sur Amazon aux États-Unis sans société américaine décrit ce parcours. Dans les cas éligibles, Abanro peut aussi être votre importateur officiel, ce que nous confirmons au stade du devis.

Étape 2 : mettre en place une caution douanière

La caution douanière (customs bond) est une garantie donnée à la CBP par une société de caution : l’importateur paiera les droits, taxes et frais et respectera ses autres obligations. Les marchandises placées sous déclaration formelle ne sont pas libérées sans elle. Il en existe deux types :

  • La caution ponctuelle (single transaction bond) : elle couvre une seule déclaration. Son montant correspond en général à la valeur déclarée plus les droits, taxes et frais, et davantage pour les marchandises réglementées par d’autres agences.
  • La caution continue (continuous bond) : elle couvre toutes les déclarations pendant un an, dans tous les ports. Elle convient aux importateurs qui font plusieurs envois par an.

Pour un importateur non résident, la société de caution doit être une société américaine résidente. Le calcul des montants de caution, et le coût de chaque option, sont traités dans notre guide sur le coût d’importation de produits aux États-Unis.

Étape 3 : déposer l’ISF (10+2) pour le fret maritime

Pour les marchandises arrivant par navire, l’Importer Security Filing, appelé ISF ou 10+2, doit parvenir à la CBP au plus tard 24 heures avant le chargement de la marchandise à bord du navire au port étranger, par exemple au Havre, à Marseille Fos ou à Anvers. Il s’applique aux marchandises non vrac de toute taille, y compris le groupage maritime (LCL). Il ne s’applique pas au fret aérien.

Selon les indications de la CBP sur l’ISF, la partie de la déclaration qui incombe à l’importateur comprend :

  • le numéro de l’importateur officiel et le numéro du destinataire
  • les noms et adresses du vendeur et de l’acheteur (propriétaire)
  • la partie à livrer (ship-to party)
  • le nom et l’adresse du fabricant ou du fournisseur
  • le pays d’origine
  • le numéro HTS de la marchandise (au moins six chiffres)
  • le lieu d’empotage du conteneur et le groupeur (empoteur)

Le transporteur dépose les deux autres éléments (le plan de chargement du navire et les messages de statut des conteneurs). Un ISF tardif, manquant ou inexact peut entraîner des dommages-intérêts forfaitaires (liquidated damages) de $5,000 par infraction, davantage de contrôles et des retards. La leçon pratique : réunissez les informations sur le fournisseur, le lieu d’empotage et le code HTS au moment de la réservation, pas au départ du navire. Pour les différences entre réservations FCL et LCL, voir FCL ou LCL vers les États-Unis.

Étape 4 : arrivée, déclaration (CBP 3461) et déclaration récapitulative (CBP 7501)

Le dédouanement comporte deux dépôts souvent confondus. Selon le 19 CFR Part 142 :

  • La déclaration (entry, formulaire CBP 3461 ou son équivalent électronique) : la demande de mainlevée. Elle est due dans les 15 jours calendaires suivant l’arrivée de la marchandise et elle est normalement déposée avant l’arrivée, pour que la CBP et les autres agences puissent l’examiner tôt. Elle s’appuie sur la facture commerciale, une liste de colisage le cas échéant et les documents exigés par d’autres agences.
  • La déclaration récapitulative (entry summary, formulaire CBP 7501 ou son équivalent électronique) : la déclaration complète du classement, de la valeur, de l’origine, des taux, des droits et des frais. Elle est due, avec les droits estimés, dans les 10 jours ouvrables suivant la déclaration. Les commissionnaires la déposent souvent en même temps que la déclaration.

Si la déclaration n’est pas déposée sous 15 jours, la marchandise peut être transférée dans un entrepôt sous régime de « general order », où les frais de magasinage s’accumulent. Les frais de magasinage au terminal et les frais liés au conteneur commencent aussi à courir à la fin du temps de franchise : une déclaration lente coûte cher. Notre guide sur le drayage, les surestaries et les frais de détention à Los Angeles et Long Beach explique ces frais.

Déclaration simplifiée ou déclaration formelle

Les envois commerciaux d’une valeur inférieure ou égale à $2,500 peuvent généralement faire l’objet d’une déclaration simplifiée (informal entry). Au-delà de $2,500, une déclaration formelle (formal entry) avec caution douanière est généralement exigée. La CBP peut imposer une déclaration formelle pour n’importe quel envoi, certaines marchandises en exigent une à des valeurs plus faibles, et les exigences des autres agences s’appliquent dans tous les cas. Le décret présidentiel 14411 demande aussi à la CBP d’interdire la déclaration simplifiée aux importateurs officiels étrangers ; cette mesure est prévue mais pas encore en vigueur en octobre 2026, vérifiez donc les règles applicables. La déclaration simplifiée est plus légère, mais elle ne signifie pas exonération de droits.

Depuis le 29 août 2025, l’exonération de droits du régime de minimis pour les envois d’une valeur de $800 ou moins est suspendue pour tous les pays. La CBP a rendu cette suspension illimitée à compter du 24 juin 2026, et la loi met fin à l’exonération le 1er juillet 2027. Les envois commerciaux de faible valeur passent désormais par une déclaration simplifiée ou formelle et acquittent les droits applicables.

Étape 5 : classement, valeur et pays d’origine

Ces trois éléments déterminent le montant des droits et l’application éventuelle de droits additionnels. C’est aussi là que la CBP trouve le plus d’erreurs.

Le classement dans le HTS

Chaque produit est classé dans le tarif douanier harmonisé des États-Unis (Harmonized Tariff Schedule, HTS). Les six premiers chiffres suivent le Système harmonisé international (code SH) qu’utilise votre déclaration d’export ; la nomenclature combinée de l’UE (code NC) va jusqu’à huit chiffres, et les États-Unis ajoutent leurs propres chiffres jusqu’à dix. Au-delà des six premiers chiffres, les codes ne sont donc pas transposables d’un tarif à l’autre. Le classement dépend de ce qu’est le produit, de sa composition et de son usage, pas du nom que vous lui donnez. Une description vague comme « accessoires » ou « échantillons » appelle des questions. Préparez pour la déclaration une description précise, la composition des matières et des photos ou une fiche technique produit.

La valeur en douane

Les droits sont calculés sur la valeur en douane, qui correspond le plus souvent à la valeur transactionnelle : le prix effectivement payé ou à payer pour la marchandise, avec certains ajouts comme une partie des coûts d’emballage, les commissions et les prestations fournies gratuitement au fabricant (assists : moules, outillages ou matières). Le traitement du fret, de l’assurance et des autres frais dépend de la façon dont ils sont présentés : la facture doit donc les détailler. Sous-évaluer la marchandise pour réduire les droits est une infraction, pas une économie.

Le pays d’origine et le marquage

Le pays d’origine est celui où la marchandise a été fabriquée ou a subi sa dernière transformation substantielle, qui n’est pas toujours le pays d’expédition. Il détermine le taux de droit, l’accès aux accords commerciaux et les droits additionnels applicables. Un produit fabriqué en Asie et expédié depuis Le Havre ou Anvers acquitte les droits correspondant à son origine asiatique, pas à l’origine UE. Selon le 19 CFR Part 134, les articles importés doivent en général porter, de manière lisible, visible et permanente, le nom anglais de leur pays d’origine, pour que l’acheteur final aux États-Unis puisse le voir : « France » ou « Made in France », par exemple. Une marchandise mal marquée peut être retenue jusqu’à son marquage, et une marchandise non marquée peut se voir appliquer un droit de marquage supplémentaire de 10 %.

Étape 6 : les agences partenaires (FDA, USDA, CPSC, FCC, EPA)

À la frontière, la CBP fait appliquer les règles de nombreuses autres agences. Quand un produit relève de l’une d’elles, la déclaration doit contenir les données de cette agence, et l’agence peut retenir la marchandise jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite. Les plus fréquentes pour les marques de produits de consommation et alimentaires :

Agences partenaires qui examinent couramment les importations aux États-Unis
AgenceProduits concernésCe qu’elle peut exiger
FDAAliments et boissons, compléments alimentaires, cosmétiques, médicaments, dispositifs médicauxEnregistrement de l’établissement, notification préalable (Prior Notice) pour les aliments, codes produit dans la déclaration ; elle peut examiner, prélever, retenir ou refuser la marchandise
USDA (APHIS, FSIS)Plantes, semences, fruits et légumes, produits d’origine animale, viandes et volaillesPermis, certificats phytosanitaires ou vétérinaires, inspection
CPSCProduits pour enfants et nombreux produits de consommation couranteCertificats de conformité fondés sur des essais
FCCAppareils émettant des radiofréquences, comme les produits sans fil et électroniquesAutorisation d’équipement et déclarations d’importation
EPAPesticides et désinfectants, certains produits chimiques, moteurs et véhiculesAvis d’arrivée, certifications, conformité aux normes d’émissions

Pour les exportateurs français, la FDA est souvent l’agence décisive. Ses alertes d’importation par pays citent des entreprises ou des produits de France pour, entre autres, les fromages à pâte molle et à croûte fleurie (alerte 12-03), les sulfites ajoutés non déclarés (99-21) et les cosmétiques (53-06 pour les colorants, 53-17 pour la contamination microbiologique). Les alertes 53-06 et 53-17 citent aussi le Maroc, ce qui intéresse les fabricants de cosmétiques à base d’argan. Une alerte qui mentionne un pays ne signifie pas que tous ses produits sont bloqués : vérifiez si votre entreprise ou votre produit y figure. Les établissements alimentaires enregistrés auprès de la FDA doivent par ailleurs renouveler leur enregistrement entre le 1er octobre et le 31 décembre 2026, faute de quoi la FDA le considère comme expiré.

D’autres agences couvrent l’alcool, le tabac, la faune et la flore sauvages, les armes à feu et la sécurité des véhicules. Vérifiez quelles agences s’appliquent avant l’expédition : c’est avant le départ de la marchandise qu’il faut enregistrer un établissement ou obtenir un certificat, pas pendant qu’un conteneur attend au port. Pour les produits alimentaires, la procédure complète de la FDA figure dans comment importer des produits alimentaires aux États-Unis.

Étape 7 : contrôles, retenues et mainlevée

La CBP examine la déclaration selon son ciblage des risques. La plupart des envois sont libérés sans inspection physique, mais n’importe quel envoi peut être sélectionné. Les issues habituelles :

  • Mainlevée : la CBP et les agences partenaires éventuelles libèrent la marchandise, et le transporteur ou le terminal peut la livrer une fois le fret payé.
  • Contrôle non intrusif : le conteneur est scanné, généralement par imagerie à rayons X ou gamma, puis libéré si rien n’est détecté.
  • Examen physique : le conteneur est transféré dans une station d’examen et tout ou partie des cartons est ouvert. La CBP vérifie que la marchandise, les quantités, la valeur, l’origine et le marquage correspondent aux documents.
  • Retenue par une agence : la FDA, l’USDA ou une autre agence demande des documents, examine ou prélève la marchandise. La FDA peut retenir la marchandise et, au final, en refuser l’entrée.

Les coûts d’examen, comme le transfert du conteneur, la main-d’œuvre à la station d’examen et le magasinage supplémentaire, sont généralement facturés à l’importateur, de même que les surestaries accumulées entre-temps. La meilleure protection reste des documents exacts et un marquage correct. Si un envoi est déjà retenu ou refusé, le service Récupération d’envois aide à définir les prochaines étapes.

Une fois libérée, la marchandise quitte le terminal pour sa prochaine étape, souvent un entrepôt américain pour la réception et le contrôle, avant de partir chez Amazon, chez des détaillants ou chez des clients. Abanro prend en charge pour vous les formalités de dédouanement, dans le cadre du même envoi, avec l’enlèvement et le transport international et la livraison dans nos locaux aux États-Unis : une seule équipe suit la marchandise de la mainlevée jusqu’à la réception.

Étape 8 : paiement des droits, liquidation et droits additionnels en vigueur

Les droits et frais estimés sont consignés avec la déclaration récapitulative. Outre les droits, la plupart des déclarations formelles acquittent les frais de traitement des marchandises (merchandise processing fee), et les envois maritimes acquittent aussi la taxe de maintenance portuaire (harbor maintenance fee). Les deux sont expliqués, avec les montants de l’exercice budgétaire 2027, dans le coût d’importation de produits aux États-Unis.

La liquidation

La liquidation est le calcul définitif, par la CBP, des droits dus sur une déclaration. Selon le 19 U.S.C. 1504, une déclaration non liquidée dans l’année qui suit la déclaration est réputée liquidée telle que déclarée, sauf si la CBP prolonge le délai (jusqu’à quatre ans au total). À la liquidation, la CBP peut confirmer le montant consigné, réclamer un complément ou rembourser la différence. Un importateur en désaccord peut déposer une contestation (protest) dans les 180 jours suivant la liquidation. Jusqu’à la liquidation, conservez vos justificatifs et attendez-vous à ce que la CBP puisse encore poser des questions sur la déclaration.

Les droits additionnels en octobre 2026

En plus du taux normal du HTS, certaines marchandises acquittent des droits additionnels. En octobre 2026 :

  • Les droits de douane généralisés imposés en 2025 au titre de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) ne sont plus perçus, depuis que la Cour suprême a jugé le 20 février 2026 que l’IEEPA n’autorise pas de droits de douane. Les remboursements des droits IEEPA déjà payés sont traités par la CBP.
  • Une surtaxe temporaire de 10 % au titre de la section 122 du Trade Act de 1974 s’est appliquée du 24 février au 24 juillet 2026.
  • Depuis le 24 juillet 2026, de nouveaux droits section 301 s’appliquent à la plupart des marchandises d’environ 60 économies, à 10 % ou 12,5 % selon le pays, certains étant calculés en incluant le droit normal, avec des exemptions par produit (avis de l’USTR du 28 juillet 2026). Les produits soumis aux droits section 232 sont exclus de cette mesure.
  • Les droits section 301 de 2018 sur de nombreux produits chinois restent en vigueur, tout comme les droits section 232 sur des groupes de produits tels que l’acier, l’aluminium, le cuivre, les automobiles et leurs pièces, ainsi que le bois et le bois d’œuvre.

Ce que cela signifie selon votre pays d’origine

  • France et Belgique (Union européenne) : l’UE est traitée comme une seule économie. Le droit section 301 est fixé de sorte que le droit normal et le droit section 301 atteignent ensemble 10 % ; si le droit normal atteint déjà 10 % ou plus, le droit section 301 est nul.
  • Suisse : même mécanisme, avec un total de 12,5 % incluant le droit normal.
  • Maroc : 12,5 %, ajoutés au droit normal. L’accord de libre-échange entre les États-Unis et le Maroc est en vigueur depuis le 1er janvier 2006, mais des analyses spécialisées indiquent que le bénéfice d’une préférence ne protège pas en soi du droit section 301 : vérifiez votre code HTS et les exemptions de l’avis plutôt que de supposer que les produits couverts par l’accord sont exonérés.
  • Côte d’Ivoire et Sénégal : ils ne figurent pas parmi les économies visées par cette mesure section 301. Les deux pays figuraient sur la liste 2025 des pays éligibles à l’AGOA, régime prolongé au 31 décembre 2028 par la loi publique 119-103 du 2 septembre 2026 ; confirmez l’éligibilité actuelle de votre pays et de votre produit avant de compter sur la franchise.

Ces mesures changent souvent et peuvent s’appliquer différemment selon le produit et l’origine. Vérifiez le HTS et les indications actuelles de la CBP pour votre code HTS et votre pays d’origine avant de chiffrer un envoi.

Liste des documents pour le dédouanement aux États-Unis

Préparez ces documents avant l’expédition, et assurez-vous qu’ils concordent :

  • La facture commerciale en anglais (ou accompagnée d’une traduction anglaise exacte), conforme au 19 CFR 141.86 : port d’entrée ; quand, où et par qui la marchandise a été vendue ou expédiée, et à qui ; description détaillée de chaque article avec sa qualité, ses marques et numéros ; quantités ; prix d’achat unitaire et devise ; frais détaillés comme le fret, l’assurance, les commissions, les contenants et l’emballage ; remises éventuelles ; pays d’origine ; prestations fournies au fabricant non incluses dans le prix.
  • La liste de colisage : carton par carton, avec contenu, quantités, poids nets et bruts et dimensions, concordant avec la facture et le marquage des cartons.
  • Le connaissement ou la lettre de transport aérien : émis par le transporteur ou le transitaire, avec l’expéditeur, le destinataire et la partie à notifier, et le même nombre de cartons et le même poids que la liste de colisage.
  • Les informations sur l’importateur : importateur officiel, numéro d’importateur, caution et, pour un importateur non résident, l’agent résident.
  • Les données ISF pour le fret maritime, transmises à la réservation.
  • Les documents des agences le cas échéant : enregistrement FDA et confirmation de la notification préalable (Prior Notice), permis et certificats, certificats de conformité, rapports d’essais.
  • Les informations produit pour le classement : composition, fonction, photos ou fiches techniques, et le code HTS si vous le connaissez déjà.
  • Les justificatifs d’origine : certificats ou déclarations du fournisseur si vous demandez une préférence au titre d’un accord commercial (accord de libre-échange avec le Maroc, AGOA) ou devez prouver l’origine. Pour une marchandise d’origine UE, aucune préférence américaine n’existe : un certificat d’origine délivré par une CCI n’est utile que si l’acheteur ou la banque le demande.
  • Côté départ, en France : votre numéro EORI au format FR + SIREN (les numéros au format SIRET sont désactivés au second semestre 2026) et la déclaration d’export dans DELTA IE, puis la certification de sortie par le SDS, qui sert de preuve pour l’exonération de TVA.

Avec ces éléments en place, le dédouanement lui-même devient une formalité courante. Pour voir ce qui est inclus quand Abanro prend en charge votre dédouanement, consultez notre page Dédouanement aux États-Unis. Si votre premier envoi ne compte que quelques cartons, comment expédier un petit envoi aux États-Unis explique ce que changent le coursier express, l’aérien et le groupage.

Envoyez-nous votre facture, votre liste de colisage et votre destination : nous organisons l’envoi, dédouanement aux États-Unis compris.

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Ce guide est une information générale, pas un conseil juridique ni douanier. Les règles de déclaration, les taux de droits et les exigences des agences évoluent : confirmez-les pour votre produit et votre envoi avant d’expédier.

Sources et lectures complémentaires

  1. 19 CFR 141.18 : déclaration par des sociétés non résidentes, Code des règlements fédéraux (Legal Information Institute)
  2. Exactitude des données de l’importateur officiel transmises à la CBP (91 FR 53627, 19 août 2026), Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP), Federal Register
  3. Décret présidentiel (Executive Order) 14411, Strengthening Customs Enforcement (91 FR 35125, 10 juin 2026), Federal Register
  4. Questions fréquentes sur l’Importer Security Filing (ISF), Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP)
  5. 19 CFR Part 142 : procédure de déclaration, Code des règlements fédéraux, version électronique (eCFR)
  6. Tarif douanier harmonisé des États-Unis (HTS, recherche), Commission du commerce international des États-Unis (USITC)
  7. 19 CFR 141.86 : contenu des factures et exigences générales, Code des règlements fédéraux, version électronique (eCFR)
  8. 19 CFR Part 134 : marquage du pays d’origine, Code des règlements fédéraux, version électronique (eCFR)
  9. 19 U.S.C. 1504 : délai de liquidation, Code des États-Unis (Legal Information Institute)
  10. Avis sur les mesures prises dans les enquêtes section 301 visant diverses économies (91 FR 47318, 28 juillet 2026), Bureau du représentant américain au commerce (USTR), Federal Register
  11. L’exportation et le suivi de la sortie : DELTA IE volet Export et SDS, Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI)
  12. Alertes d’importation par pays : France, Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments (FDA)
  13. Accord de libre-échange entre les États-Unis et le Maroc, Bureau du représentant américain au commerce (USTR)
  14. African Growth and Opportunity Act (AGOA) : rapport R49187 (14 août 2026), Service de recherche du Congrès (CRS)
  15. Loi publique 119-103 (H.R. 6500, promulguée le 2 septembre 2026) : prolongation de l’AGOA au 31 décembre 2028, Bureau des publications du gouvernement des États-Unis (GPO), govinfo

Sources vérifiées le

Questions fréquentes

Combien de temps prend le dédouanement aux États-Unis ?

Quand la déclaration est déposée avant l’arrivée et que rien n’est signalé, la mainlevée peut intervenir peu après l’arrivée de la marchandise. Un contrôle ou une retenue par une autre agence, comme la FDA, peut ajouter des jours, voire davantage. Personne ne peut garantir un délai de dédouanement, car la CBP et les agences partenaires décident des envois qu’elles contrôlent.

Une société française peut-elle être importateur officiel sans entité aux États-Unis ?

En général, oui. Une société non résidente peut déclarer des marchandises si elle dispose d’un agent résident habilité à recevoir les actes de procédure dans l’État du port d’entrée et dépose une caution auprès d’une société de caution résidente. Elle a aussi besoin d’un numéro d’importateur, que la CBP peut attribuer aux entreprises étrangères au moyen du formulaire CBP 5106. Le décret présidentiel 14411 de juin 2026 prévoit de nouvelles limites pour les importateurs étrangers : vérifiez les règles en vigueur avant d’expédier.

Que se passe-t-il si je dépasse le délai de 15 jours pour la déclaration ?

La déclaration est due dans les 15 jours calendaires suivant l’arrivée de la marchandise. Si elle n’est pas déposée à temps, la marchandise peut être envoyée dans un entrepôt sous régime de « general order », où les frais de magasinage s’accumulent et où elle peut finir par être vendue si personne ne la réclame.

Le code NC de ma déclaration d’export est-il le même que le code HTS américain ?

Seuls les six premiers chiffres, ceux du code SH (HS code), sont harmonisés au niveau international. La nomenclature combinée de l’UE compte huit chiffres, le HTS américain en compte dix pour les statistiques, et le taux de droit est fixé au niveau des huit premiers chiffres américains. Votre code NC est donc un point de départ, pas le classement américain définitif.

Puis-je corriger une erreur après le dépôt de la déclaration ?

Les erreurs peuvent généralement être corrigées avant la liquidation de la déclaration et, après la liquidation, l’importateur peut déposer une contestation (protest) dans un délai de 180 jours. Corriger une erreur tôt est bien plus simple que de la contester ensuite : c’est pourquoi la facture et le classement doivent être justes avant l’expédition.

Un envoi de faible valeur passe-t-il quand même en douane ?

Oui. L’exonération de droits du régime de minimis pour les envois de $800 ou moins est suspendue pour tous les pays, et la loi y met fin le 1er juillet 2027. Les envois commerciaux de faible valeur passent par une déclaration simplifiée ou formelle et acquittent les droits applicables.

Vous expédiez des marchandises commerciales aux États-Unis ?

Dites-nous ce que vous expédiez, d’où et comment c’est emballé. Nous prenons en charge votre dédouanement aux États-Unis dans le cadre de votre envoi porte à porte. Nous répondons sous 6 heures.

Support 24 h/24, 7 j/7 Nous répondons sous 6 heures.